vendredi 30 octobre 2009

Étudiants dans la course

À la mi-octobre, en accédant au site Courir.org, je suis tombé sur un article qui m'a beaucoup interpellé.

Le projet Étudiants dans la course, qui vise à amener une vingtaine de jeunes de Montréal provenant de milieux défavorisés à courir le Marathon Oasis de Montréal en septembre 2010 (en mettant autour de ces jeunes diverses ressources spécialisées et un cadre exceptionnel), est à la recherche de coureurs qui seraient intéressés à devenir mentors ou partenaires de course dans la cadre de ce projet.

Depuis quelques temps, je cherchais une activité qui me permettrait de faire de nouvelles connaissances tout en donnant du temps pour ma collectivité. Je travaille à la maison depuis près de huit ans et les occasions de rencontrer des gens nouveaux sont plus limitées. En me rappelant mes beaux idéaux de jeunesse, j'ai pensé faire du bénévolat à la cuisine communautaire ou me proposer pour l'aide aux devoirs à l'école des filles. Mais rien ne m'accrochait réellement.

Le projet Étudiants dans la course, qui s'inspire de Students run LA, est tombé à point. J'y retrouve de nombreux points d'intérêt, la course à pied et l'entraînement bien sûr, mais surtout l'aide à des jeunes qui vivent des situations pas faciles. À titre de mentor, mon rôle sera de suivre un jeune tout au long de son entraînement en vue du marathon de Montréal, mais surtout de créer un lien dans le but de l'encourager à persévérer dans d'autres volets de sa vie. Un peu comme un grand frère. Ce défi est à la fois stimulant et intimidant, je dois l'avouer, mais heureusement nous avons des ressources pour nous aider en cas de pépins puisque ce très beau projet est chapeauté par la Fondation de la pédiatrie sociale du Dr Julien.

Notre premier entraînement a eu lieu jeudi dernier. Un premier contact a été fait. C'était bien. Autre entraînement demain matin, cette fois au Centre Pierre-Charbonneau. Et jeudi prochain, chaque mentor sera jumelé à un jeune. C'est parti!

lundi 26 octobre 2009

Niagara Falls International Marathon


Mon inscription au Niagara Falls International Marathon s'est faite dans le plus grand secret. D'une part, je ne voulais pas ébruiter mon intention de courir un marathon puisque j'étais parfaitement conscient des lacunes de mon entraînement et je ne souhaitais pas qu'on me le rappelle périodiquement jusqu'à la tenue de l'événement. D'autre part, je voulais profiter de l'événement pour inviter ma douce à un week-end en amoureux à Niagara Falls. Niagara Falls? Pour un week-end en amoureux, me direz-vous. Sans entrer dans les détails, disons que je réparais ainsi une erreur du passé.


La veille du marathon, après un passage rapide à l'Expo-marathon, nous avons arpenté la ville à la découverte des beautés de Niagara Falls mais aussi de son côté laid et kitch. Le gros Frankenstein tenant un Whopper au-dessus du restaurant Burger King et invitant les passants d'une voix sinistre à visiter sa maison de la terreur m'a profondément découragé. Heureusement, toute cette pollution visuelle et sonore semble contenue, et la promenade le long de la rivière et près des chutes résiste encore à ces manifestations de mauvais goût. Samedi soir, les pâtes étaient au menu comme le veut la tradition, et nous avons bien mangé chez Mamma Mia's (original comme nom pour un resto italien...).

Dimanche, je me suis réveillé assez tôt et, malgré une nervosité certaine, ma préparation s'est bien déroulée. Vers 7 h 05, je suis monté dans le bel autobus jaune, destination Buffalo, USA. Durant tout le voyage, je me suis enfermé dans ma bulle. Aucune envie de parler anglais.

À Buffalo, le départ avait lieu dans le stationnement d'un musée, la Albright-Knox Art Gallery. Pour se tenir au chaud, on avait accès aux différentes salles d'exposition. Sur les murs, un Andy Warhol, un Magritte, un Dali, un Miró, un Modigliani, sans oublier Monnet, Manet, Tissot, etc. Très impressionnant.

Vers 9 h 45, les coureurs étaient invités à s'approcher de la ligne de départ. Pas trop loin de moi, j'ai repéré le lapin de 4:00. Sur sa petite pancarte, on pouvait lire « run 10 k : walk 1 k ». J'ai décidé d'essayer de me joindre à son groupe. À 10 h, les 786 coureurs et coureuses se sont élancés dans les rues de Buffalo. Contrairement à ce que j'avais évalué (soit un rythme d'environ 5:40 min/km), mon lapin gambadait plus vite que prévu. À ma montre, le rythme variait entre 5:05 et 5:25 au km. Trop rapide pour moi. Un coureur derrière moi s'étonnait de la vitesse à laquelle courait le lapin de 4:00. Un autre lui a expliqué qu'il devait manifestement courir plus vite pour compenser pour les périodes de marche. Je me suis mis à douter. 5:05 min/km, c'est mon rythme sur 21,1 km, pas pour le marathon. Avant d'arrivée à la première station de ravitaillement, notre lapin a procédé à un sondage éclair. Plutôt que de courir 10 km + marcher 1 km, il nous proposait de marcher à chaque station, soit à 2 mi, 4 mi, 6 mi, puis à tous les mi. Bon, pourquoi pas. Mais je me suis rapidement rendu compte que cette stratégie ne me conviendrait pas. Au premier poste de ravitaillement, je venais à peine de prendre ma première gorgée d'eau quand j'ai vu mon lapin se remettre en route. J'ai donc plus ou moins suivi ce groupe jusqu'à la traversée du Peace Bridge. De retour en sol canadien, l'écart s'est lentement creusé, et j'ai décidé de suivre mon propre rythme, en me fiant davantage à mes sensations qu'à mon chrono. Mais j'avais déjà brûlé inutilement trop d'énergie.

Je n'ai que peu de souvenirs du trajet entre le 10e et le 21e km. Le paysage était beau, mais peu changeant. Un peu avant le site du départ du demi-marathon, j'ai commencé en sentir une douleur à la cheville gauche. Nouveau doute dans ma tête. Je me suis efforcé de chasser ces pensées négatives, de me rappeler que mon seul objectif en prenant le départ était de me rendre à la ligne d'arrivée en ayant eu du plaisir, de façon générale. J'ai eu une pensée pour une blogueuse dont le combat est beaucoup important que le mien, et j'ai continué, tout simplement.

Avec 10 mi à faire, je savais que j'y arriverais. Restait à savoir en combien de temps. Ma cheville m'agaçait toujours. Depuis le départ du demi-marathon, j'ai adopté une stratégie qui a eu des effets bénéfiques : à chaque poste de ravitaillement, j'arrêtais de courir au début de la ligne de bénévoles. Petit verre d'eau. Vers la fin de la ligne, petit verre de gatorade. Passé le poste, je marchais encore un peu, petit arrêt pour me masser la cheville et nouveau départ. Destination : le prochain poste de ravitaillement. Tranquillement, mais sûrement j'ai fait le décompte des postes. Un peu comme un enfant qui compte le nombre de jours avant Noël.

À chaque poste, je rechargeais un peu mes piles. Les bénévoles étaient extraordinaires, très enthousiastes et encourageants. Avant même d'arriver au poste suivant, j'entendais déjà leurs cris d'encouragement. Vraiment, vraiment super. Je les ai si souvent remerciés tout le long du parcours. Ils ont joué un rôle très important dans l'atteinte de mon objectif.
Avec moins de 3 km à faire, j'ai vu ma Douce. Un peu inquiète dans un premier temps, elle s'est vite rendu compte que j'allais bien.

J'ai marché avec elle quelques minutes, puis je me suis remis à courir avec un seul objectif en tête : aller chercher ma médaille. J'ai finalement franchi la ligne d'arrivée en 4:34:19.8, fatigué, mais satisfait, le sourire aux lèvres et le poing brandi en signe de victoire. Et j'ai reçu ma médaille, ma première médaille de marathon. J'ai travaillé très fort pour l'avoir, celle-là.

Et, il y en aura d'autres.

Objectif atteint!

Je savais que ma préparation était insuffisante. L'aventure était risquée. Le défi, de taille.

Mais j'y ai survécu. Hier, j'ai parcouru les 42,2 km qui séparent Buffalo et les chutes Niagara et j'ai franchi la ligne d'arrivée du Niagara Falls International Marathon, triomphant et souriant.

Maintenant, je sais. Je sais que j'en suis capable. Je sais aussi que le marathon refuse d'être pris à la légère. Le marathon impose le respect et l'humilité. J'ai souffert, j'ai marché, j'ai lutté mentalement. Le doute m'a accompagné pendant presque tout le parcours. Mais avec 10 mi à faire, je savais que j'y arriverais.

J'ai finalement franchi la ligne d'arrivée après 4:34 d'effort, de doute et d'inconfort, mais aussi de satisfaction, de persévérance et de volonté.

Et dorénavant, je sais...

P.S. Le compte rendu plus détaillé suivra au cours des prochains jours.

lundi 5 octobre 2009

DMG 2009

Le relief de la région de Granby n'est pas plat. J'ai réalisé hier qu'il y a des cotes. Mes mollets peuvent en témoigner ce matin. C'est fou comme la voiture fausse notre perception du relief.

Ceci étant dit, malgré la difficulté inattendue du parcours, j'ai beaucoup aimé participer au Demi-marathon de Granby. Pour commencer, mon père m'accompagnait. Il était très déçu de n'avoir pas pu être le long du parcours à Montréal. Alors quand je lui a proposé de m'accompagner à Granby, il a dit oui sur-le-champ. Mon père n'est pas un grand sportif. Il pratique différents sports de façon récréative. Mais j'ai senti son admiration pour l'effort, la persévérance et le dépassement de soi nécessaires dans un demi-marathon.

J'ai vécu des beaux moments hier. En passant devant un enclos où quatre ou cinq chevaux nous regardaient passer l'air amusé, un coureur a lancé qu'il aimerait bien en prendre un pour la fin du parcours. Pendant les quelques minutes qui ont suivi, on s'est demandé comment il faudrait s'y prendre pour enfiler la puce au cheval. C'était bien, ça m'a permis de penser à autre chose quelques temps. Plus loin, entre les 12e et 13e km, une coureuse m'a dit qu'elle trouvait le parcours bien difficile. J'étais bien d'accord avec elle. On a jasé quelques minutes. On se disait que l'avantage de faire un aller-retour, c'est qu'on sait ce qui nous attend. Par contre, on sait que chaque côte qu'on descend devra inévitablement être remontée. Rien n'est parfait. Elle m'expliquait qu'elle cassait toujours vers le 15e km. Je l'ai encouragée du mieux que j'ai pu en lui disant que le pire des côtes serait derrière elle rendue là. Eh bien, je l'ai revue à l'arrivée et elle était toute contente de me dire qu'elle avait réalisé son meilleur temps. Elle m'a dit que mes encouragements ont porté fruit. Cool! Il me faut également souligner la belle motivation de la majorité des bénévoles qui ont redoublé d'efforts jusqu'à la fin pour nous encourager. En haut des côtes au retour, ça faisait du bien.

Je n'avais pas d'objectif précis hier matin en prenant le départ, mais avec 5 km à faire, j'ai calculé que je pouvais finir en moins de 1:50. Sachant que les pires côtes étaient maintenant derrière moi, j'ai augmenté un peu la cadence. J'en avais encore sous la semelle, juste assez. J'ai finalement franchi la ligne d'arrivée en 1:49:40.8. Très satisfait du résultat. J'ai amélioré le temps que j'avais fait au demi du marathon de Montréal, et le parcours était nettement plus difficile. Je suis fier de moi, pour ma course, mais également d'avoir entendu mon père dire qu'il participerait peut-être à un 5 km ou 10 km marche la prochaine fois qu'il m'accompagnerait à une course. Je vois d'ici le portrait : mon aînée qui cours le 1 km, mon père qui marche un 10 km et moi qui boucle un autre demi ou peut-être plus... Qui sait?